Nord-Pas-de-Calais

8° centenaire de la visite de François d’Assise à Damiette !

Cela peut paraître une vieille histoire mais la presse a parlé de ce voyage comme une visite « historique ». Le pape François revient des Emirats arabes. Pourtant, dans le vacarme permanent de la vie publique qui a perçu l’originalité de cette démarche ?  Il y eut au départ, l’initiative inattendue de St François qui, en pleine croisade contre les musulmans, en 1219, voulut traverser les lignes ennemies pour saluer le Sultan. On peut sourire de cette histoire, mais c’est pourtant ce qui avait motivé le Pape Jean Paul II, en 1986, à inviter les responsables des religions du monde à Assise pour un temps de prière, ensemble. Cette invitation  montrait l‘enjeu universel de la Paix pour l’humanité et le rôle que pouvaient jouer les religions. En son temps, François d’Assise, avait accompli un signe prophétique pour contribuer à la Paix dans le monde. C’est dans le prolongement de ces signes précurseurs que le Pape François s’inscrit aujourd’hui pour favoriser la Paix.

En 1219, François d’Assise se trouve en Egypte, à Damiette, lorsqu’il prend l’initiative de rencontrer le Sultan et de rompre avec une violence désastreuse pour tous. Sans armes, avec sa seule foi, il veut une rencontre d’homme à homme.  Ce signe ne restera pas  « insignifiant » mais portera des fruits jusqu’à nos jours. Qui l’eut cru ? Dans les diverses religions, la haine ou la crainte habitent  encore les hommes et les chrétiens ne sont pas à l‘abri des comportements fauteurs de troubles. Pourtant, à tous les niveaux, il se trouve des croyants pour vivre un rapprochement, pour entrer en contact et se tenir ensemble afin de participer à résoudre certaines difficultés sociales ou religieuses.

Nous venons de recevoir du Ministre général des franciscains une lettre avec, en tête de ce document anniversaire, cet intitulé sans équivoque : « A tous les frères et sœurs de l’Ordre et à vous, frères et sœurs musulmans »…Ce texte aussi fait signe ! C’est dans le même esprit que François d’Assise avait rencontré le sultan. La lettre reçue nous révèle encore ce que laissait présager le Concile Vatican II, dès ses commencements : il y est demandé de regarder les musulmans avec estime ; il nous encourage à « travailler ensemble à la justice, à la Paix et à la liberté ». Il est recommandé aussi d’accueillir  chacun avec un certain sens de Dieu, avec « douceur et humilité » pour servir le monde.

Que ce soit à Damiette, sur les rives du Nil ou en tous lieux de l’hexagone, les dispositions spirituelles sont les mêmes,. Mais le chemin sera encore long, et la clé  du changement est l’ouverture à l’autre. En évoquant aujourd’hui ce fait historique, nous prenons conscience de la conversion permanente, dans nos relations entre musulmans et chrétiens. Le dialogue est indispensable pour vivre un peu plus de justice et de vérité. Les « signes du temps » sont à ce niveau et c’est ainsi que nous ferons des « choses qui plairont au Seigneur » selon l’expression de St François (Rg 16/8), car « Nous sommes tous sous le soleil de l’Unique miséricordieux ».

Fr. Thierry Gournay

Témoignage d’un week-end en fraternité dans le Nord Pas de Calais

Week-end du 26 et 27 janvier à Blangy sur Ternoise 

Thème  : la Résurrection

Le temps n’était pas engageant ce samedi, pourtant nous avons pris la route : soif d’entrer un peu plus dans le mystère qui est au cœur de notre foi ? Soif de la rencontre fraternelle ? Les deux sans doute. Nous avions tout un week-end devant nous.

Avec l’aide d’Alexis nous avons cheminé au rythme de l’Ecriture, des questions soulevées. Il n’est pas aisé de parler de la Résurrection. Ce fut un bel échange dans l’écoute et le respect mutuel, dans la joie et la simplicité.

Je ne résiste pas au désir de vous communiquer quelques « pépites » qui me parlent :

« La résurrection est à l’œuvre en tout ce qui humanise… C’est dire oui à la vie… Elle nous invite à nous tenir éveillés dans l’accomplissement de nos tâches d’hommes… A travers notre vie, nos souffrances, nos joies, nous faisons l’expérience du Ressuscité… Ce qui nous attend après la mort ne sera que la plénitude d’un chemin déjà amorcé dans notre vie… Jésus nous ouvre toujours un nouvel avenir… »

Oui, la Résurrection est une histoire à vivre !

« Les frères où qu’ils soient, où qu’ils se rencontrent, se montreront les uns les autres

qu’ils sont de la même famille » 2ème Règle 6,7

Sr Marie-Agnès D

Que sera Noël, cette année ?

Au moment où je prends le temps de vous rejoindre par écrit, le ciel reste sombre !

Alors que la colère gronde et que le temps est plein d’incertitude, il est bien difficile d’envisager l’avenir.

Pourtant, j’ai rencontré ce matin, sur mon chemin un groupe d’enfants heureux de marcher ensemble, pour rejoindre un rassemblement régional. Des adultes les accompagnaient, certains en tête , d’autres sur le côté, et même en queue  pour sécuriser l’ensemble. Ils marchaient avec confiance.

Un peu plus loin, le même jour, des adultes défilaient dans le centre de la ville, portant des panneaux qui disaient leur projet. Ils étaient en route vers un ailleurs, pour eux aussi, porteur de sens.

Et ces jours derniers, un fait, tout à fait extraordinaire, se déroulait sous nos yeux : nous avons pu voir, retransmis en direct, la béatification d’un groupe de chrétiens, jusque là  méconnus mais enfin reconnus publiquement par l’Eglise, pour leur témoignage. A Oran, la béatification de ces 19 témoins engagés fera date. Pour porter l’Evangile dans une terre étrangère, ils furent volontaires, depuis des années, pour dire leurs raisons de vivre selon l’Evangile, en terre musulmane.

Ce samedi là, ce rassemblement était unique et imprévisible, sans tensions, sans conflits, sans violence. Qui aurait imaginé, dans le passé, le résultat de ce long combat spirituel, vécu lors d’une période difficile. Au-delà du quotidien, c’était une confiance en l’avenir, au-delà du visible.

En raccourci, c’était une page d’histoire sainte, marquée par une recherche de dialogue, un désir de rencontre, une présence modeste  mais significative, comme la présence de Dieu lui-même à notre monde. Comme la vie de Jésus à Nazareth, enfouie dans la vie familiale, entre Marie et Joseph, présence vraiment modeste et sans bruit. C’est ce qu’ont vécu, pendant des siècles, des hommes et des femmes, pour la même raison et sans autre désir que d’entrer dans la présence de Dieu qui finit lui-même par faire sa vie dans nos vies, sans force  et sans violence. Il est possible de lire la vie de ces témoins d’Algérie comme un message pour notre temps, en rappelant avec force le sens de la vie donnée par amour. C’est un commencement, dans la faiblesse, et  pour  l’essentiel, qui est accessible à tous. C’est aussi ce que nous révèle Noël.

C’est un appel à un mode de vie nouveau pour nous sortir du chaos de l’indifférence, de  l’appropriation et de la domination. Ce bouleversement prend du temps, demande de l’énergie  de la part de tous. La vie de ces chrétiens d’Algérie dit aussi  la force de la communauté, de la solidarité et de l’humilité.

La vie de tous, comme la foi de certains, trouve son sens dans le don, elle aboutit à la reconnaissance et peut être célébrée par le plus grand nombre. Noël,  si la fête n’est pas dénaturée, concerne chacun.

Elle  peut être différée, mais le plus grand nombre attend cet événement pour le Bien de tous.

Restons éveillés à ce qui naît.

Avec foi et patience, laissons  surgir cet événement espéré d’une terre de justice et de paix.

 

Fr. Thierry                   Noël 2018

 

On ne s’attendait pas à cela ! C’est Noël

« On ne s’attendait pas à cela ! »

Notre goût pour la facilité de la répétition nous amène  à formater les fêtes de fin d’année. La fête de Noël, plus particulièrement, est devenue une routine dominée par l’accessoire au détriment de l’essentiel : les lumières, les cadeaux, les invités du jour ou les dévotions… Par habitude, par lassitude ou par goût du pouvoir, nous oublions  facilement le sens profond de la vie. Mais cette année, ce n’est pas comme d’habitude. Une divine surprise nous incite à regarder le monde en face, même si cela dérange. Et cela devrait être ainsi plus souvent.

C’est le souci administratif de légiférer sur la « fessée » qui nous renvoie à l’essentiel. Cela est nouveau : l’enfant, fragile, souvent à la marge, sans pouvoir, au milieu du monde adulte, nous invite à le regarder à hauteur d’adulte, autrement. L’enfant fait partie des humains, il a les mêmes attentes, les mêmes besoins de reconnaissance, sans avoir apparemment la parole. Lequel d’entre nous, se penchant sur un berceau, considère l’enfant comme unique dans l’espèce humaine, en attente d’être « chargé d’amour » en attente d’une pleine reconnaissance ? Pourtant oui, il y a en lui une graine d’éternité, un désir de mettre au monde une trace de divin ! C’est aussi le désir de notre Dieu créateur, en quête de visage humain. Et ceci est une Bonne Nouvelle. Nous n’aurons jamais fini de découvrir et de reconnaître cette nature commune entre Dieu et nous, entre Dieu et l’enfant. Et c’est à partir de cette réalité que devrait se construire le monde pour qu’il soit plus humain. Ce n’est pas seulement le refus de la violence faite à l’enfant qui justifie une loi sur les relations parents-enfant mais c’est cet ADN, cette « divine surprise » de la vie qui nous met à égalité dans notre rapport à Dieu.

Cette vision spirituelle de la vie humaine est bouleversante. Elle n’est pas spontanée mais renvoie à une conception de la création qui exclut la domination ou le mépris de l’enfant, et qui, au contraire, invite  au respect. La crèche de Noël est le socle fondateur de notre mode de vie : Sans frontière entre l’adulte et l’enfant, sans frontière non plus entre les êtres humains et Dieu. Cette vision de la vie est partagée par bon nombre de personnes, qu’elles soient ou non marquées par l’expérience chrétienne. La tendresse et la fragilité qui favorisent notre joie sont indispensables pour rejoindre Dieu dans son mystère. Là est l’élément la plus concret de notre humanité et  de  notre avenir. Autour de l’enfant se construit le chemin de l’humanité. Voilà la divine surprise que nous pouvons accueillir tout au long de l’année. C’est  Noël !

Fr. Thierry   Noël 2018

A quoi ça sert de vivre ?

 A quoi ça sert de vivre ?

La vie dont nous sommes témoins, aujourd’hui, peut nous inspirer cette question. Partagés que nous sommes entre des situations dramatiques personnelles ou collectives, et des faits exceptionnels, sources d’émerveillement, nous pouvons nous poser la même question : « à quoi, cela sert de vivre ? »  [Read more…] about A quoi ça sert de vivre ?

Fête de la St François à Lille

Le 7 octobre 2018 s’est déroulée la journée de St François au grand Séminaire de Lille.. une ambiance toute franciscaine : joie et paix.

Racontée en images.

           

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