Famille Franciscaine

Une branche de la famille franciscaine

Au sein de la Famille franciscaine se retrouvent tous les mouvements religieux et laïcs, dont les membres veulent orienter leur vie selon la spiritualité héritée de François et Claire d’Assise, dans l'état de vie qui est le leur.

C’est bien ce qui est dit au début de notre Projet de Vie: « Parmi les familles spirituelles suscitées par l’Esprit Saint dans l’Église, la famille franciscaine rassemble tous les membres du peuple de Dieu, laïcs, religieux, prêtres qui reconnaissent en eux un appel à suivre le Christ à la manière et selon l’esprit de François d’Assise. En des formes et des expressions diverses, mais en communion et réciprocité vitale, ils veulent incarner aujourd’hui, dans la vie et la mission de l’Église, le charisme propre de François d’Assise. »

La Famille franciscaine est comme un arbre avec ses différentes branches, toutes reliées entre elles et issues du même tronc.
Voici quelques-unes des branches principales:

1er Ordre, les frères mineurs

Les frères du 1er Ordre se sont différenciés, au cours de l’histoire, à la suite de diverses réformes. Tous, ils veulent, selon leur Règle
« observer le saint Évangile de notre Seigneur Jésus-Christ, en vivant dans l’obéissance, sans avoir rien en propre et dans la chasteté ». Ils vivent en fraternités. Aujourd’hui, en France, existent :

  • Les frères franciscains (ofm), issus des différentes réformes et réunis par le Pape Léon XIII à la fin du 19ème siècle.
  • Les frères conventuels (ofm conv) ou Cordeliers, résultant d’une séparation au 14ème siècle, ils sont les héritiers des frères qui, dès le début, ont exercé leur mission aux portes des villes dans des « couvents », d’où ils tirent leur nom.
  • Les frères capucins, (ofm cap) nés au 16ème siècle, ont voulu privilégier un désir de vivre plus pauvrement avec plus de temps consacré à la prière.

2ème Ordre, les sœurs clarisses

Religieuses contemplatives, elles vivent dans des monastères. Elles « ont choisi de suivre le Christ selon l’exemple de Claire et de François d’Assise dans une vie fraternelle de prière et de travail, dans la simplicité, la pauvreté et la joie, au cœur de l’Église et pour tous les hommes, dans un espace de silence et de solitude ».

3ème Ordre, les réligieux et les laics

Composé de religieux (qui ont une règle) et de séculiers (qui vivent dans le siècle) :

a) Les religieux : les frères et les sœurs du 3ème Ordre

  • Les sœurs franciscaines, religieuses apostoliques, qui vivent en petites fraternités. Elles appartiennent à différentes congrégations. Certaines sont nées dès le 15ème, le 16ème ou le 17ème siècle, mais la plupart ont surgi dans le courant du 19ème siècle. Elles répondent, soit à un appel précis de leur région auprès des plus petits et des plus pauvres, soit aux nouveaux appels de la Mission universelle.
  • Les frères de saint François

B) Les séculiers:

  • Les membres de la Fraternité franciscaine séculière (FFS), des hommes et des femmes, mariés ou célibataires, attirés par la manière de lire et de vivre l’Évangile de François d’Assise. Environ 3000 personnes regroupées en fraternités locales, qui se réunissent généralement une fois par mois. La FFS fait partie sur le plan mondial de l’Ordre franciscain séculier (OFS).
  • Il est proposé aux jeunes (18 – 30 ans) de découvrir la fraternité franciscaine au sein de la Jeunesse franciscaine (JeFra), selon une pédagogie adaptée à leurs besoins.
  • Les Compagnons de Saint François, un mouvement chrétien d’Église fondé en 1927 par un laïc, Joseph Folliet, pour rassembler dans un désir de paix et de réconciliation des jeunes français et allemands. Leur spiritualité s’enracine dans la marche fraternelle, vivant une « communauté ambulante ».
  • L’Institut séculier, hommes et femmes consacrés, plongés en pleine pâte humaine pour être le levain. L’Institut féminin et l’Institut masculin sont présents en France depuis 1953.

Le signe TAU

La croix en forme de Tau est le signe d’appartenance commun à tous les membres de la Famille Franciscaine.

Aujourd'hui, les disciples de François, laïques ou religieux, portent la croix Tau comme le signe visible, comme le sceau de leur engagement, le rappel de la victoire du Christ sur le mal par l'abnégation quotidienne dans l'amour. Le signe de contradiction est devenu signe d'espoir, témoignage de fidélité jusqu'à la fin de nos vies.

Le signe TAU avait toute la vénération et la dévotion de saint François: il en parlait souvent pour le recommander, l'écrivait de sa main au bas des lettres qu'il envoyait." (Lég. Major 4,9)

Le TAU, dernière lettre de l'alphabet hébreu, est déjà utilisé dans sa valeur symbolique dans l'Ancien Testament pour indiquer le salut et l'amour de Dieu pour les hommes. On en parle dans le livre du prophète Ezéchiel, lorsque Dieu envoie son ange l'inscrire sur le front de ses serviteurs: "Le Seigneur lui dit: parcours la ville, parcours Jérusalem, et marque d'un TAU au front les hommes qui gémissent et qui pleurent". (Ez. 9,4)

Le TAU est donc un signe de rédemption. C'est le signe extérieur de ce renouvellement qu'est la vie chrétienne, dont la marque intérieure est le sceau de l'Esprit- Saint, reçu le jour de notre baptême.

Le TAU fut adapté très tôt par les chrétiens. Nous le trouvons déjà dans les catacombes de Rome, parce que sa forme rappelait la croix, sur laquelle le Christ se sacrifia pour sauver le monde. Ce signe, justement à cause de cette ressemblance avec la Croix, fut très cher à saint François d'Assise, au point qu'il occupa une place privilégiée dans sa vie et dans ses actes. En François, cet antique signe prophétique s'actualise, s'anime, reprend sa force de salut, parce qu'il se sent "saint par la miséricorde de Dieu". Son amour jaillissait d'une profonde vénération de la Croix du Christ. Il y voyait l'explosion la plus grande de son humilité, de sa mission, de son amour. Le TAU était en outre pour François le signe concret de son salut et de la victoire du Christ sur le mal.

Le TAU donc, qui a derrière lui une solide tradition biblico-chrétienne, fut accueilli par saint François dans toute sa valeur spirituelle. Il l'incarna de façon si intense et totale qu'il devint lui-même, à travers les stigmates imprimées en sa chair au terme de sa vie, un TAU vivant, celui qu'il avait si souvent contemplé, dessiné et surtout aimé.

Le TAU n'est pas une amulette, ni un quelconque pendentif, c'est le signe concret d'une dévotion chrétienne et surtout d'un engagement de vie à la suite du Christ pauvre et crucifié. Porter le TAU, c'est reconnaître le Fils de Dieu. C'est s'engager dans une voie spirituelle, dans une école de vie, celle de Jésus crucifié. Le chrétien, marqué du signe de la croix au moment de son baptême, doit devenir, en portant la croix, celui qui reproduit et actualise la mission du Christ.

Le TAU nous rappelle que, sauvés par l'amour du Christ crucifié, notre vie devient chaque jour un peu plus nouvelle, cela en se donnant par amour aux autres. En portant ce signe, vivons-en la spiritualité, rendons compte de "l'espérance qui est en nous", à l'exemple et en compagnie de François.

PRIONS. Bénis, Seigneur ce TAU. Bénis celui/celle qui le portera en signe de salut et de liberté intérieure, en invoquant ton Nom très saint, par l'intercession de ton serviteur François. Toi qui vis et règnes pour les siècles des siècles.
Prions Dieu tout-puissant, éternel, juste et bon, accorde-nous de faire, par ta grâce, ce que nous savons que tu veux et de vouloir toujours ce qui te plaît, afin qu'intérieurement purifiés, intérieurement illuminés et embrasés par le feu de l'Esprit-Saint, nous puissions suivre les traces de ton Fils, Notre Seigneur Jésus-Christ, et par ta seule grâce, parvenir jusqu'à toi Dieu Très-Haut, qui vis et règnes et reçois toute gloire, dans les siècles des siècles.