Actualités locales

En chemin trinitaire 2ème week-end de formation à Reims

Reims le 30-31 mars 2019

Nous étions heureux de nous retrouver, de faire famille franciscaine avec tous les ingrédients de la convivialité, du chant, des partages, de la prière….

et bien sûr les réflexions de frère Jo Coz et de Marie-Agnès Fleury à partir de ce livre si riche “En chemin trinitaire avec Saint François d’Assise”.

de quoi aiguiser nos appétits, renouveler notre désir de suivre Jésus, entraînés par le chemin joyeux de saint François…

Nous avons beaucoup évoqué l’Esprit Saint comme chemin de Dieu, chemin vers Dieu.

Nous avons aussi contemplé la figure de Jésus le fils qui vient accomplir et incarner la volonté de son Père…

Ce Père aimant, miséricordieux comme celui qui accueille le fils prodigue. Cet évangile que nous avons ruminé par une lecture priante “la lectio divina” en petits groupes.

Nous nous sentons  dès lors confirmés à suivre à nouveau “les traces du Seigneur” dans notre vie, dans nos fraternités, dans la dynamique des choix à faire et refaire pour plus de vie.

“Commençons” disait Saint François. Alors faisons de même !

Philippe Rivière, région Picardie

8° centenaire de la visite de François d’Assise à Damiette !

Cela peut paraître une vieille histoire mais la presse a parlé de ce voyage comme une visite « historique ». Le pape François revient des Emirats arabes. Pourtant, dans le vacarme permanent de la vie publique qui a perçu l’originalité de cette démarche ?  Il y eut au départ, l’initiative inattendue de St François qui, en pleine croisade contre les musulmans, en 1219, voulut traverser les lignes ennemies pour saluer le Sultan. On peut sourire de cette histoire, mais c’est pourtant ce qui avait motivé le Pape Jean Paul II, en 1986, à inviter les responsables des religions du monde à Assise pour un temps de prière, ensemble. Cette invitation  montrait l‘enjeu universel de la Paix pour l’humanité et le rôle que pouvaient jouer les religions. En son temps, François d’Assise, avait accompli un signe prophétique pour contribuer à la Paix dans le monde. C’est dans le prolongement de ces signes précurseurs que le Pape François s’inscrit aujourd’hui pour favoriser la Paix.

En 1219, François d’Assise se trouve en Egypte, à Damiette, lorsqu’il prend l’initiative de rencontrer le Sultan et de rompre avec une violence désastreuse pour tous. Sans armes, avec sa seule foi, il veut une rencontre d’homme à homme.  Ce signe ne restera pas  « insignifiant » mais portera des fruits jusqu’à nos jours. Qui l’eut cru ? Dans les diverses religions, la haine ou la crainte habitent  encore les hommes et les chrétiens ne sont pas à l‘abri des comportements fauteurs de troubles. Pourtant, à tous les niveaux, il se trouve des croyants pour vivre un rapprochement, pour entrer en contact et se tenir ensemble afin de participer à résoudre certaines difficultés sociales ou religieuses.

Nous venons de recevoir du Ministre général des franciscains une lettre avec, en tête de ce document anniversaire, cet intitulé sans équivoque : « A tous les frères et sœurs de l’Ordre et à vous, frères et sœurs musulmans »…Ce texte aussi fait signe ! C’est dans le même esprit que François d’Assise avait rencontré le sultan. La lettre reçue nous révèle encore ce que laissait présager le Concile Vatican II, dès ses commencements : il y est demandé de regarder les musulmans avec estime ; il nous encourage à « travailler ensemble à la justice, à la Paix et à la liberté ». Il est recommandé aussi d’accueillir  chacun avec un certain sens de Dieu, avec « douceur et humilité » pour servir le monde.

Que ce soit à Damiette, sur les rives du Nil ou en tous lieux de l’hexagone, les dispositions spirituelles sont les mêmes,. Mais le chemin sera encore long, et la clé  du changement est l’ouverture à l’autre. En évoquant aujourd’hui ce fait historique, nous prenons conscience de la conversion permanente, dans nos relations entre musulmans et chrétiens. Le dialogue est indispensable pour vivre un peu plus de justice et de vérité. Les « signes du temps » sont à ce niveau et c’est ainsi que nous ferons des « choses qui plairont au Seigneur » selon l’expression de St François (Rg 16/8), car « Nous sommes tous sous le soleil de l’Unique miséricordieux ».

Fr. Thierry Gournay

Chapitre régional des fraternités du Centre

Le chapitre régional de la région Centre, a eu lieu chez les sœurs franciscaines de Marie le 9 mars à Blois.

Leur grande maison blanche, surplombe la Loire. Nos sœurs franciscaines nous accueillent avec un véritable esprit de famille. Ce sont des missionnaires qui connaissent le Tchad, l’Inde, Madagascar. Elles sont riches de toutes ces cultures et nous les font partager avec joie.

Le thème du chapitre a été une réflexion autour de l’appel de Jésus à jeter nos filets. Comme pour Pierre, l’appel est individuel, mais l’effort est collectif. Comment Jésus s’invite dans notre barque ? Quelles sont nos peurs, nos doutes pour aller au large avec Lui ? La fraternité nous aide à prendre le large et jeter nos filets, Pierre et ses compagnons sont revenus comblés, et transformés.

Nos sœurs missionnaires savent ce que c’est que de quitter une terre connue et partir loin en communauté vivre une aventure avec Jésus. Le thème était donc tout à fait adapté au lieu !

 

Chalet Frère Soleil – un lieu de vacances franciscaines

 Le chalet Frère Soleil situé près de Briançon aux portes du parc des Ecrins appartient la famille franciscaine depuis plus de 50 ans.  Grâce à d’importants travaux ces dix dernières années, il est maintenant confortable tout en restant simple et modeste . Il offre 32 couchages et  est aménagé comme un refuge (chambres de 3 à 6 personnes).

 Venez-y  en famille cet été du 3 au 10 Août ou à la fin de l’été pour découvrir ou redécouvrir ce lieu propice à l’émerveillement, à la vie communautaire et fraternelle, à la louange et la contemplation.
Consultez l’agenda pour les détails :
Semaine du 3 au 10 août
Portes ouvertes au chalet – 25 août – 1er septembre

Au-delà de ces propositions, le chalet est ouvert toute l’année pour tout projet que vous aimeriez porter avec  vos fraternités ou avec vos familles. N’oubliez pas qu’il peut permettre à des familles modestes de partir en vacances. Si vous avez des questions, n’hésitez pas à prendre contact avec l’association et à consulter le site : https://www.chalet-freresoleil.com/

Le bureau de l’association :
Frère Dominique Joly, Président.
Agnès Reuillard, Secrétaire.
Claire Tissot, Secrétaire Adjointe.
Agnès Bayce, Trésorière.

Saint François d’Assise et le sultan – Interview du frère Gwénolé Jeusset

 Pour le 8ème centenaire de la rencontre de saint François d’Assise et du Sultan Malik al-Kâmil à Damiette, la famille franciscaine de Nantes, le Service diocésain des relations avec les musulmans et l’association Tibhirine ont organisé  une rencontre le mercredi 13 mars 2019.  Et à cette occasion, la revue “Eglise en Loire Atlantique” a interviewé le frère Gwénolé Jeusset.

Voici le texte de cette interview :

Frère Gwenolé Jeusset, franciscain nantais, a vécu la plus grande partie de son ministère au service du dialogue interreligieux en terres d’Islam. Des recherchesl’ont également conduit à remettre en lumière un épisode très ancien de dialogue entre les deux religions : la rencontre de saint François avec un sultan, au coeur de la 5e croisade. C’était en 1219, il y a tout juste 800 ans.

Né le 1er mai 1935, frère Gwenolé Jeusset entre dans l’Ordre franciscain en 1954. Il est envoyé en Côte d’Ivoire en 1968 où on lui demande, à sa grande surprise, de créer une Commission de relation avec les musulmans. « J’étais sensible à œcuménisme car mon père, catholique, était devenu protestant alors que j’étais jeune adulte, mais les relations avec les musulmans, je n’y avais jamais vraiment réfléchi ». 15 années en Côte d’Ivoire lui font découvrir l’Islam de l’intérieur, dans un climat apaisé. En 1982, l’Ordre franciscain lui demande de créer une Commission internationale des relations avec l’Islam et à ce titre, il visite les communautés, aux Philippines, au Pakistan, en Indonésie, en Bosnie, au Maroc, en Somalie, etc.

De 1993 à 1996, Frère Gwenolé devient maître des novices avant d’être nommé directeur du Service des Relations avec l’Islam (SRI) de la Conférence des évêques de France. En 2003, âgé de 68 ans, il repart pour Istanbul avec pour mission de créer un Centre franciscain interreligieux pour tisser des liens avec les communautés : chrétiennes autres que catholiques, juives, alévies et musulmanes sunnites : « nous étions quatre, j’étais parti pour trois ou six ans, j’y suis finalement resté douze ans ».

La rencontre entre saint François d’Assise et le sultan interrogeait frère Gwenolé depuis longtemps. Il en entendait parler par les frères mais sans savoir si elle avait vraiment eu lieu. Il a été le premier à faire des recherches sur le sujet, jusqu’à écrire des livres qui ont remis à jour ce fait historique. « Il y avait beaucoup de petites sources, des textes écrits à peine quarante ans après l’événement et des textes plus récents qui contredisaient les premiers. »
Frère Gwenolé raconte : « La rencontre a bien eu lieu, en 1219, pendant une trêve de la 5e croisade pour la prise de Damiette, sur le bord du Nil, non loin du canal de Suez. Saint François, profitant de cette trêve pour franchir les lignes, demande à voir le sultan. La bataille avait été rude, on comptait 6 000 morts. Avec un autre frère, il est amené au sultan, neveu de Saladin. Tout le monde est alors persuadé qu’il va à la mort. Mais, Malik al-Kāmil, comme son oncle et son père, est un homme qui désire la paix, le sultan est entouré de soufis et de mystiques, dont son père spirituel, un vieillard de 90 ans. Il est surpris par cet homme qui lui parle de sa foi chrétienne. On ne sait pas ce qui s’est dit, ce qui est sûr, c’est qu’il a laissé quelques lignes dans sa règle provisoire. Il prend la méthode qui sera celle ensuite de Charles de Foucauld. On y lit : “ ceux qui vont parmi les sarrasins, peuvent adopter deux manières de vivre. La première, c’est de vivre dans la paix et la soumission en témoignant qu’ils sont chrétiens par leur vie. La deuxième : s’ils voient que Dieu les appelle à créer une Église, qu’ils le fassent. ” Ce qui est étonnant à cette époque, c’est la première méthode. »

Frère Gwenolé ajoute : « Saint François a passé quinze jours chez le sultan. Dans les sources que j’ai consultées, le terme de courtoisie de la part du sultan revient très souvent. Le sultan veut offrir des cadeaux à François qui refuse car il veut rester pauvre, alors, le sultan assure une escorte princière pour aider François et son frère à retraverser les lignes de combat en toute sécurité. À la fin de la trêve, la bataille reprend, les croisés gagnent la ville et y restent deux ans avant d’être défaits. » Pourquoi cette rencontre est-elle si peu connue ? « L’Ordre n’a pas retenu cet épisode de la vie de saint François car, dans le contexte des croisades, il représentait une forme de double échec : François n’avait pas été martyr, il n’avait pas non plus converti le sultan. Si, dans la première règle qu’écrit saint François, il invite ses frères à la rencontre, il doit la réduire en 1221. On maintient seulement dans la règle définitive la permission d’aller en terre musulmane, sans préciser comment le faire et c’est cette règle qui est approuvée par Rome en 1223. »

Depuis quelques années cette initiative de premier dialogue interreligieux a été remise en lumière. L’Ordre franciscain a souhaité marquer le 800e anniversaire de cette rencontre et organise toute cette année des événements à Nantes, Lyon et Marseille. Un colloque est aussi en préparation pour octobre à Paris. Pour ce qui est de Nantes, la journée aura lieu le 13 mars prochain au couvent des Franciscains. Ouverte à tous, sur participation libre, elle s’organisera autour de deux conférences en matinée (La rencontre entre François et le sultan, par Gwenolé Jeusset, et Point de vue d’une musulmane égyptienne, par Azza Heikal). Dans l’après-midi se succéderont plusieurs témoignages de différentes expériences actuelles de relations entre chrétiens et musulmans, à commencer par celui de Mohammed Loueslati, aumônier musulman dans les prisons de l’Ouest.

Isabelle Nagard

Télécharger l’interview : Interiew-Frère-Gwénolé