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4e DIMANCHE DE PAQUES – JESUS LE VRAI BERGER. JESUS LA PORTE DES BREBIS.

« Moi je suis venu pour que les brebis aient la vie, la vie en abondance. »

L’image du berger est courante dans les récits bibliques et dans la vie en Palestine. Le berger qui est seul avec son troupeau dans un pays parfois rude et hostile. Le berger vit avec son troupeau, il en est responsable, il doit connaître le pays, connaître les pâturages, les points d’eau, les lieux où l’on peut installer l’enclos de la bergerie pour la nuit…

Chez nous nous pourrions comparer cela avec le style de vie du berger qui part pour la transhumance et vit seul dans la montagne pour l’été.

Jésus parle de sa relation privilégiée, vitale, du berger avec ses brebis : ils les connait, ils les appellent par leur nom, et elles le suivent car elles reconnaissent sa voix.

Jésus se présente comme le vrai berger à l’image de David comme le décrit le prophète Ézéchiel au chapitre 34, et à la suite de David le Messie promis et attendu, qu’il oppose aux mauvais bergers qui utilisent leurs brebis pour leur pouvoir personnel et pour s’enrichir, ils leur « mangent la laine sur le dos »

Or en Saint Jean dans le chapitre qui précède nous voyons Jésus qui ouvre les yeux d’un aveugle dans le temple et lui ouvre ainsi un chemin de liberté et de vie. Alors que les pharisiens jaloux de leur pouvoir vont l’exclure du Temple, l’exclure de la communauté et lui fermer la porte du salut. C’est pour cela que Jésus développe ici cette petite énigme de la porte. En effet ils sont nombreux dans les Écritures ceux qui se prétendent comme berger du peuple (les rois, les chefs, les prêtres, les scribes…), ils les enferment dans leur pouvoir au lieu de leur ouvrir la porte et de les laisser entrer et sortir. Jésus est souvent en opposition avec ces pharisiens qui chargent les brebis de lourds fardeaux qu’eux-mêmes ne portent pas. Il y a aussi les faux messies qui entraînent le peuple dans des aventures hasardeuses et violentes qui conduiront à la ruine de la nation.

Alors pourquoi Jésus peut-il se déclarer comme le bon, le vrai berger et comme la Porte des brebis ? Jésus les connait : il parle leur langue, il connait le cœur de l’homme, il s’est fait proche, il s’est approché d’eux, il s’est fait leur frère : il parle leur langue, il n’est pas au-dessus d’elles pour les dominer. Il marche avec eux.

Jésus connait les chemins, il connait les chemins qui mènent aux verts pâturages et aux sources fraîches. Il connait aussi le chemin de Dieu qu’il aime comme un Père et avec qui il est en communion jour et nuit.

Il est la porte qui permet d’entrer dans la bergerie pour y être accueilli, aimé, protégé. Il est la porte par laquelle on sort à sa suite pour trouver sa nourriture et vivre l’aventure de sa vie.

Ces paroles de Jésus se situent dans le cadre du Temple et dans le contexte de la fête des Tentes, la fête de l’Alliance. Jésus ne serait-il pas la nouvelle Alliance, le Temple nouveau. Jésus n’enferme personne dans des lois, des principes rigides, des habitudes mortifères. Il fait confiance et appelle chacun à la liberté, à la responsabilité. Il est la porte qui permet d’entrer et de sortir.

Et nous quelles sortent de brebis sommes-nous ? Des moutons de Panurge, heureux d’être soumis et dominés par peur de prendre nos responsabilités ? Ou bien des brebis heureuses de reconnaître la voie du vrai berger, de marcher à sa suite sur les chemins d’une vie libre et responsable ?

Sommes-nous attentifs à aider chacun à trouver son chemin dans l’écoute et le respect des autres. Où sommes-nous enclins à rabaisser les autres pour mieux les dominer ?

Que Jésus qui a donné sa vie pour que nous devenions des Fils à son image nous ouvre un chemin de vie malgré nos difficultés, nos craintes et nos peurs :

« Si je traverse les ravins de la mort,
Je ne crains aucun mal,
Car tu es avec moi :
Ton bâton me guide et me rassure. » (Ps 22)

Frère José KOHLER, 3 mai 2020.

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